Article • mardi 25 novembre
Nous voilà à la veille des messes Rorate, et déjà une joyeuse effervescence anime plusieurs bénévoles, mis en mouvement avec une joie communicative pour faire vivre, à nouveau cette année, la belle tradition des petits-déjeuners monastiques qui suivent ces trois messes Rorate si particulières. Ces célébrations avant la fin de la nuit et éclairées à la seule lueur des bougies durant l’Avent, portent en elles quelque chose de mystérieux : un esprit de veille, de silence habité, de Parole qui se laisse entendre plus finement lorsque le monde dort encore. La tradition du petit-déjeuner monastique a plus de vingt ans. Elle est née grâce à la Fraternité laïque Dominicaine, qui en a longtemps assuré la responsabilité. Aujourd’hui, la mission s’est élargie : ces bénévoles, dominicains ou non, mettent la main à la pâte, heureux d’être réunis pour une même mission de service fraternel. Tout commence par un petit message : “On repart comme d’habitude ?” Et aussitôt, l’organisation fraternelle se met en route. Courses pour près de 90 personnes, listes ajustées grâce aux retours des années précédentes, car chacun se souvient de ce qui avait si bien fonctionné et de ce qu’il fallait améliorer. Les pains sont commandés, à cuire tout frais le matin des messes seulement ! La veille, les tables sont dressées pour être accueillantes : assiettes, tasses, couverts, confitures, sucre, serviettes de couleur et, bien sûr, les bougies. Et déjà, la joie du moment qui approche se fait sentir. Puis vient le réveil bien avant l’aube. Certains vont chercher les pains avant 5h. D’autres transforment l’Eglise en ciel étoilé de lumignons et de bougies. D’autres lancent les cafés, remplissent les thermos, s’activent à couper les pains, ajoutent à la dernière minute les petits beurres et les crèmes sur les tables. D’autres encore assurent spécialement la sécurité : avec toutes ces bougies, mieux vaut être prévoyant ! Et peu avant 6h, l’église resplendit, portée par la lumière douce et dansante des lumignons. L’allée centrale scintille, presque irréelle. C’est si beau que chacun en a le souffle coupé. Les premiers paroissiens arrivent, enveloppés de silence. La messe commence, recueillie et profonde, à la lumière des petites sentinelles de l’ombre. Vers 6h40, les paroissiens sont invités à descendre dans la salle apprêtée. Les bénévoles sourient, servent, accompagnent. Une douce musique liturgique se laisse percevoir discrètement. Le petit-déjeuner se déroule en silence, pour garder vivante la grâce de la messe Rorate. À 7h30, l’aube pointe. Les paroissiens reprennent leur journée, remplis de paix. Et nous, les bénévoles de l’aurore ? Nous nous asseyons enfin. On partage notre petit-déjeuner, on rit, on souffle, on savoure. Mission accomplie. Notre disponibilité du matin aura offert à toute la communauté un moment unique de calme, de fraternité et de lumière. Puis d’autres bénévoles prennent le relai pour ranger, portés par la même volonté de rendre service. Participer à une messe Rorate, c’est reconnaître humblement notre quête de Lumière. C’est accepter de devenir veilleur, guetteur d’une aube nouvelle pour l’humanité — cette même aube qui, un jour, s’est levée dans la merveilleuse Nuit de Bethléem. Rendez-vous les 3, 10 et 17 décembre à St-Paul ! Sylvie Vasey
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