Témoigner de l’Évangile: nous avons tous à le faire. Pas forcément, frères et soeurs, à la place qui est la mienne, comme prédicateur, mais déjà comme parents, puis par exemple comme éducateur-éducatrice, catéchiste etc. Quant on est passionné de quelque chose (art, musique, sport) on en parle et on essaie de partager la joie que cela nous procure. Si nous sommes vraiment habités par l’Évangile, il serait normal que nous essayions de rendre témoignage. Mais attention! Témoigner, oui mais comment? Toute la question est là. Il y a une manière de témoigner qui est parfaitement insupportable, qui ne respecte pas les personnes, qui se fait insistante et provoque le rejet. Ecoutons ce que saint Pierre nous dit dans sa lettre que nous venons d’entendre. «Soyez prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous à quiconque vous demande». Vous avez bien entendu: «à quiconque vous le demande». Vous n’êtes pas obligés d’importuner votre mari, votre épouse, vos enfants ou votre famille, sans cesse parce qu’ils ne pratiquent pas etc. Ce qui en général aboutit au résultat inverse: on ne gagne personne au Christ de cette façon. On cherche surtout à s’imposer soi-même. Et c’est pourquoi saint Pierre précise: rendez compte de votre espérance, mais avec douceur et respect… Et il ajoute une autre précision: une vie droite sera encore le meilleur des témoignages. Pas besoin de paroles, mais une vie droite, évangélique, crédible. Et peut être quelqu’un vous demandera un jour: qu’est ce qui t’habite? En somme, — et c’est un magnifique message qui nous est adressé ce dimanche — on peut à la fois vouloir rendre témoignage à l’évangile et être discret. En faisant le bien plus qu’en en parlant. Et en le faisant discrètement: c’est ce qui rend témoignage à Dieu et aux hommes. Une vérité pleine de discrétion. Vous aurez compris que ce n’est pas tout à fait ce qui semble régler les mœurs politiques, la parole publique, où il faut surtout parler, quitte ensuite à être incapable de faire la moitié de ce qu’on avait promis, parce que de fait la situation est beaucoup plus complexe… L’évangile de Jean est aussi splendide: Jésus nous promet l’Esprit Saint, mais de manière très concrète et avec des images saisissantes. Premièrement, Jésus nous promet qu’il ne va pas nous laisser orphelins, privés de soutien, comme un petit enfant tout à coup privé de son papa, de sa maman ou même des deux. Jésus reviendra vers nous, au-delà de l’Ascension, précisément par le don du Saint Esprit. Mais Jésus précise que le Saint Esprit aura un rôle de défenseur et il sera l’Esprit de Vérité. Pourquoi un Défenseur? Quand est-ce qu’on a besoin de défenseur? quand on est accusé, qu’on comparaît devant un tribunal. On se fait accompagner par un défenseur, un avocat (du latin ad-vocatus: appelé à côté de l’accusé; et en grec para-klètos qui a donné le mot français qu’on trouve parfois dans les traductions: le Paraclet). Oui Jésus sait qu’on sera attaqué comme chrétiens. Parfois carrément physiquement comme cette pauvre religieuse dominicaine à Jérusalem jetée à terre par un nationaliste violent israélien, — cet épisode faisant suite à beaucoup d’autres contre des chrétiens, des religieuses ou religieux. Certes c’est le fait d’une minorité d’exaltés, mais toujours est-il que tout à coup en Terre sainte il est parfois risqué d’être publiquement pris pour un chrétien, pour un religieux… Mais il y a plus dangereux encore, même si c’est de l’ordre du discours, de la propagande: ce sont les insinuations, parfois les attaques frontales contre le christianisme, contre la foi, encore et encore. Le discours athée s’attaquant à l’existence même de Dieu, à l'Église évidemment et au rôle qu’elle joue, même quand elle agit saintement (ça arrive…). On l’a vu tout récemment avec les attaques d’un Président contre le Pape qui ne s’en est pas trop ému et a répondu qu’il n’avait pas peur de ce genre d’attaque. C’est là que le don de l’Esprit comme Esprit de VÉRITÉ est précieux. Jésus ne dit pas seulement qu’il nous enverra un Défenseur. Il promet un autre défenseur qui sera pour toujours avec nous. En effet, le premier défenseur, c’est Jésus lui-même. Pendant trois ans, il n’a cessé d’accompagner les disciples, de les instruire, de les reprendre quand ils avaient l’esprit bouché, le cœur endurci. Encore et encore il leur expliquait quel Messie il serait. Non pas au plan politique mais pour inscrire la sainteté de Dieu au milieu de la vie des hommes, au plan personnel et finalement aussi au cœur de la société. Cet autre défenseur, c’est l’Esprit Saint qui maintenant, après la Pentecôte, va défendre l’Évangile en nous. Quand nous sommes troublés, pensons-nous à le prier pour qu’il vienne éclairer le message chrétien en nous, pour nous conforter, nous encourager, nous fortifier? Voilà frères et sœurs le message de ce dimanche: être prêts à rendre compte de l’espérance qui nous habite, mais avec douceur et respect accueillir en nous le Défenseur, l’Esprit de Vérité qu’est l’Esprit Saint pour nous soutenir, nous éclairer, nous encourager. Rendons grâce pour cette pédagogie de notre Dieu, rendons grâce pour cette présence continue de Jésus au milieu de nous et en nous. Nous ne sommes pas des abandonnés…
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