
Article • lundi 2 novembre
De Jean Hey à Marguerite d'Autriche
Ce samedi 31 novembre, un groupe de paroissiens s'est retrouvé tôt pour passer la journée au Monastère Royal de Brou (FR), afin de s’élever ensemble dans la contemplation d’œuvres sublimes de la Renaissance. Accompagnés par le professeur Frédéric Elsig, nous avons bénéficié d'une visite magistrale de l’exposition sur la restauration du triptyque de Moulins peint par Jean Hey (1455-1505), chef d'oeuvre de la peinture franco-flamande. Ponctuée par une méditation de frère Nicolas-Jean Porret sur le mystère marial et le phylactère porté par deux anges dont la mention est tirée du livre de l’Apocalypse (12,1) : « Voici celle dont les Écritures saintes chantent l’éloge : enveloppée du soleil, ayant la lune sous les pieds, elle a mérité d’être couronnée de douze étoiles ». L’après-midi, nous avons visité le monastère ou mausolée royal abritant les tombeaux de Marguerite d’Autriche (1480-1530) et de son époux Philibert le Beau de Savoie (1480-1504), dont les gisants (partie supérieure) et les transis (partie inférieure) nous rappellent que malgré le silence de la mort et le marbre froid, l’amour ne passera jamais (Paul chapitre 13 verset 8). En ces temps troublés, un voyage pour admirer ensemble et dans le détail des œuvres réalisées par des artisans d'excellence - venus du Nord, il y'a plus de 500 ans- vient nourrir notre intelligence et notre âme. Arrêtons nous enfin sur le manteau peint de saint Pierre, dont la broderie dorée « ESPERANCE » (devise du duc Pierre II de Bourbon), nous invite à relire le poème de Charles Péguy : « La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de ses grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite. » Le porche du Mystère de la deuxième vertu, Nouvelle Revue française, 1916, p 251.
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