Ça fait du bien de s’asseoir… et on aurait presque envie de dire que ça fait du bien à Jésus d’être au tombeau après tant de souffrances, de tensions, d’angoisses et de combats. Comme quand on ose dire que c’est une délivrance pour un proche défunt, qui a mené le dur combat d’une longue maladie: «il ne souffre plus, qu’il repose en paix», dit-on.
Peut-être cela nous arrivera aussi, m’arrivera à moi… Jésus n’a pas souffert seulement pour lui, mais aussi pour nous. Il repose au tombeau pour lui et pour nous. Toute tension a pris fin. Le combat, le jugement, est au-delà de ce monde, n’appartient plus aux grand-prêtres ni aux juges ni aux disciples.
Pouvons-nous entrer dès à présent avec Jésus dans son repos, même si ce «repos» est la métaphore d’un échec — échec du grain de blé qui meurt en terre dans l’espoir de porter beaucoup de fruits?
«Nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne» dit saint Paul que nous entendrons lors de la Vigile pascale, au moment des baptêmes des adultes (Rm 6). Le baptême en effet nous unit à la mort du Christ — et à sa résurrection —! Mais d’abord à sa mort: «Nous sommes passés par la mort avec le Christ» poursuit saint Paul.
«Passés»: oui, nous l’avons mystérieusement, mystiquement, vécue cette mort, par le baptême, par un arrachement à nous-mêmes, renonçant à une vie sans Dieu pour devenir disciples de Jésus.
Disciples imparfaits qui avons encore tant à mourir, et à ressusciter, comme Pierre, Jean, Marie, Marie-Madeleine, Simon de Cyrène, Joseph d’Arimathie… La Passion de Jésus doit encore s’imprimer en moi, réveiller douloureusement mes blessures, mes vulnérabilités, les exposer à l’amour de Celui qui a tout donné, jusqu’à sa propre vie, par amour de moi.
Avec nos catéchumènes, entrons dans cette Grande Semaine où l’Église renaît en chacun des ses membres, anciens et nouveaux: que le grain semé et mort en terre porte vraiment beaucoup de fruit!